Dracula

(Voilà, ayant lu le Dracula L’Immortel de Dacre Stoker et Ian Holt, que j’ai bien aimé malgré quelques déceptions, j’ai décidé de faire ma version de Dracula. A vous les studios!)

Journal de Brendan Affer

29 février:

Je commence ce journal pour raconter le voyage que j’ai fait depuis Paris jusqu’ici. Ici, c’est la Transylvanie, je suis chez le Prince Vladvodkov Tapas Claurda, d’une vieille famille de la noblesse roumaine, enfin c’est ce que j’ai lu.

J’ai laissé ma chère et tendre Brenda en France pour entreprendre ce voyage au bout du monde, parce qu’on a vraiment l’impression d’être au bout du monde. Le paysage fait vraiment irréel, le château tombe à moitié en ruine, il est situé au bout d’un promontoire rocheux s’avançant dans une large vallée. Cette vallée fait plutôt penser à un cratère, entourée de hautes montagnes dont les sommets sont recouverts de neiges éternelles et autour desquelles s’accrochent quelques nuages.

Je travaille dans une agence immobilière et le Prince souhaite acheter quelques domaines à Paris, autant dire qu’il y a un paquet d’argent à la clé. J’ai fait le voyage en avion jusqu’à Budapest, et de là, même si ce n’est pas l’aéroport le plus proche, le chauffeur du Prince est venu me chercher. Un homme étrange ce chauffeur, à croire qu’il a des bras à rallonge, il a l’air d’être aussi fort qu’un ours, et surtout, il conduit comme un malade. Une Bentley, une belle voiture, je l’avoue. Qu’il aille vite sur les grands axes, ça peut se comprendre, mais rouler à 110 sur les routes de montagnes en prenant les virage au frein à main version rally, ça m’a un peu secoué. La petite route menant au château, était à peine plus large que la voiture, et tout de suite après, il y avait un ravin… mais peu lui importait, il m’a fait une spéciale de rally quand même, j’ai eu peur.

Chose étrange sinon, il s’arrêtait parfois. A chaque arrêt j’entendais des loups, à croire que tous les loups du monde habitaient là. Plus on s’approchait, plus les hurlements étaient proches. Il s’arrêtait lorsque nous voyions d’étranges cibles bleues, il allait chercher dans le coffre un club de golf et une balle, et s’évertuait à détruire les cibles. Je n’ai pas trop compris cela, peut-être une coutume locale.

Une fois arrivé au château, la voiture a disparu et le Prince est venu m’ouvrir. Un homme grand, mince, âgé vu les cheveux longs et la barbe couleur argent. Un visage noble mais quelque chose de dérangeant dans son regard, des yeux noirs vifs qui donnent cette impression d’être transpercé, comme s’ils pouvaient lire les moindres pensées, je me sens mal à l’aise en sa présence. Par exemple, je ne savais pas comment l’appeler, si je devais dire son Altesse ou quelque chose du genre, il m’a dit de l’appeler Monsieur Claurda ou Vlad tout court. Du reste, c’est lui qui a brisé le silence:

“- Bienvenue, mon cher ami, dans les Carpathes. J’espère que vous avez fait un bon voyage.

- Euh, très bien, merci… euh…

- Faisons fi des titres pompeux de la noblesse, appelez-moi Monsieur Claurda ou Vlad tout court.

- Bien Monsieur Vlad tout court. J’ai fait bon voyage, même si la partie en voiture m’a quelque peu secoué.”

Le Prince se mit à rire d’un rire cuivré. J’ai tout de suite remarqué ses dents blanches, mais un blanc si éclatant que même les dentifrices les plus efficaces feraient faillite devant tant d’éclat. Et pointues, ses dents étaient pointues, ce qui lui donnait un sourire carnassier. J’en frissonais malgré moi.

“- Oh, mais entrez cher Monsieur Affer, vous allez attraper la mort, repartit le Prince avec un rire mithrillien. Et pour mon chauffeur, veuillez lui pardonner, il aime bien se prendre pour un pilote de compétition. J’espère en tout cas que vous avez encore de l’appétit, le dîner est prêt.”

Et il est vrai qu’à ce moment, je sentis la faim me tirailler les entrailles. Je n’avais pas manger depuis mon bol de Coco Pops du matin. C’est ainsi que me débarassant de mes bagages et de ma veste, il m’introduit dans une grande pièce au milieu de laquelle était une grande table. Le repas était servi en effet, des mets du pays certainement.

“- Pardonnez-moi de ne pas me joindre à vous, me dit le Prince lentement, j’ai déjà dîné. Je vous ai fait des tapas, ce qui m’a valu ce surnom, il paraît qu’ils sont succulents.”

Je le remerciai, et commençait à manger. Jamais dans ma vie, je n’avais mangé de plat si goûtu, si délicieux, délicats et en même temps nourrissant. Le Prince sourit en me voyant apprécier le repas. Il devait certainement se sentir honoré. Après le repas, j’allais fumer une cigarette dehors, puis Monsieur Claurda me montra mes appartements, je les décrirai demain, je sens déjà la fatigue venir à moi. Je vais aller me reposer de ce voyage.

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